« Pour moi un artiste, c’est quelqu’un qui cherche la Beauté et la Vérité de la Vie. Je ne veux pas dire que je les détiens, mais… je cherche ». C’est Eva Klötgen qui parle !

Son but aura été de sortir des sentiers battus et de cheminer en autodidacte pour IMG6079exercer son art pictural, commençant d’abord par la peinture et l’huile, elle a, ensuite, fait le choix de travailler le pastel en grands formats…. et le pastel sur toile! Un vrai défi : le pastel comme vous le savez est un médium fragile, une poudre délicate à manier avec précaution, qu’il faut fixer tout au long du travail qu’on accomplit et qui exige une grande maîtrise du geste.

Consciente du risque qu’elle prend et qu’elle assume, Eva relève le défi avec brio dans ses œuvres au chromatisme chatoyant et d’une grande puissance expressive. Ce médium et la manière dont Eva l’utilise pour s’exprimer nous ouvre une voie pour rejoindre toute la réflexion qui est la sienne en permanence sur la Vie, sur l’Homme. Si la noirceur, le sombre de la vie l’atteignent, elle ne leur laisse pas de place, elle les transmue, croyant profondément à cette dimension subtile et invisible que nous portons tous en nous, qu’il lui importe de saisir et de faire apparaître.

S’exprimer sur la toile comporte, pour Eva, l’exigence d’un retour vers soi sachant qu’il sera partagé à un moment donné, espérant emmener les autres vers cet espace-là où il est possible de retrouver une part de soi-même oubliée, bien souvent, abandonnée parfois et si vivante pourtant. La poésie et l’onirisme sont omniprésents dans les œuvres d’Eva … du plus petit au plus grand format… d’ailleurs, les cartels qui côtoient chaque oeuvre sont l’expression propre d’Eva, et ils nous emportent dans cet espace infini de la poésie accessible à chacun ! La musique est une compagne de travail assidue pour Eva, une véritable nourriture et fait partie intégrante de sa recherche plasticienne.

Elle affectionne particulièrement le contact direct du bâton de pastel au bout de ses doigts qui courent sur la toile et font le choix au fur et à mesure des couleurs dans l’immense palette qui lui est offerte; elle « part » sur la toile sans savoir où elle va… Elle dit alors « voyager » et une fois l’oeuvre accomplie elle s’interroge sur ce qui lui est révélé : « L’oeuvre me fait découvrir quelque chose que je ne connais pas! ». Elle va alors creuser cette Vérité qui lui apparaît, à travers la littérature, la poésie, la philosophie, sentant qu’elle va pouvoir faire passer un message.

Hormis ce travail du pastel sur toile, Eva a exploré d’autres veines d’expression et créé des œuvres qui ont pu être reproduites et tissées pour en faire des tapis. Ces travaux ont été accomplis au Tibet. Elle a créé également des séries de cravates en soie. Elle a, aussi, déposé son empreinte d’artiste dans certains livres qu’il s’agisse de les illustrer ou d’en décorer les couvertures. Ayant suivi une formation au vitrail, elle mène une très belle aventure de réalisation de vitraux : de nouveaux projets sont dans l’air mais deux lieux, déjà, ont fait l’objet d’installation de vitraux, fruits d’une collaboration avec un jeune maître verrier de Seiches s/le Loir, Eric Boucher. Ce travail autour du vitrail accroît les dispositions profondes d’Eva dans le domaine de la couleur, dans sa recherche de la lumière et de la transparence, fortement symboliques de son travail sur un plan global et de ce qui en émane.

Présentation d’Eva Klötgen à la Galerie La Folie des Arts (Nantes mars 2016). Texte: Marie-Christine Mérand, Agent d’artistes

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Une Symphonie inachevée

Peintures, tapisseries, cravates originales en soie : l’univers créatif d’Eva Klötgen […] mérite le détour. Immédiatement, les amoureux d’arts plastiques seront étonnés par la large palette de cette artiste autodidacte n’hésitant pas à dépasser les frontières académiques. « Mon œuvre mi-figurative, débordant de poésie, est marquée par la spiritualité. J’ai étudié, dans mes jeunes années, la philosophie pour la retranscrire sur la toile en invitant les curieux à percevoir le monde invisible. » Une manière d’aller au-delà de ce que l’on voit habituellement. Si Eva doute de sa peinture, certainement est-ce dû à son obsession de la perfection qui lui fait dire : « il n’y a pas d’œuvre achevée ». En guise de confidence, elle lance : « pour peindre, il faut une faille et une blessure intérieure ». Éprise de liberté, l’artiste, qui a baigné dans les pinceaux toute petite, crée en même temps qu’elle se laisse bercer par la musique classique. Rapidement, ses mains sont guidées par ce ballet à la fois musical et pictural. À découvrir.

Eric D’Arco – Le Courrier des Yvelines – nov 2010


Tapisserie

Par un curieux développement de sa démarche artistique Eva nous propose une tapisserie de grand format d’une qualité technique irréprochable (pure laine de l’Himalaya, 100.000 nœuds/m2) qui est la transposition d’une toile qu’elle avait présentée à Primavera 2006 et dont le nom s’aventurait déjà dans le registre de l’humour et de la provocation : Flirt au musée d’une autruche pop.

Cette pièce unique nous donne l’occasion de saluer l’intrépidité de l’artiste, la sûreté de son intuition et de sa vision de l’espace.

Primavera 2010 Cholet

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Peinture abstraite à Louveciennes

Nés de la recherche de la vérité des choses et des êtres, les tableaux d’Eva Klötgen expriment à leur façon ce qui dans notre existence paraît le plus clair ou le plus obscur. Dans chacune de ses œuvres abstraites, elle essaie d’approcher sa quête d’absolu en traduisant sa foi en l’espérance humaine. […]

C Deco – Plein d’idées – Rencontre – janvier février 2010

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Eva Klötgen accroche ses toiles à la Grange-Dîmeresse

Eva Klötgen est née au Mans il y a une quarantaine d’années. Elle a passé son enfance à la campagne, auprès de ses parents artistes et philosophes qui ne sont autres que les époux Klötgen, propriétaires du prieuré de Mayanne ! « J’ai vécu l’aventure du sauvetage et de la restauration du prieuré qui est devenu depuis un lieu vivant de rencontres et d’échanges interculturels. » Sans doute influencée par cette jeunesse passée loin des sentiers battus, Eva a pratiqué des études supérieures de philosophie à Paris, s’orientant ensuite vers la philosophie de l’art « et la recherche intellectuelle et spirituelle en général ».

À cette époque, elle a fait la découverte fondamentale pour elle de la peinture d’Odilon Redon et approfondi sa sensibilité déjà marquée par l’abstraction poétique. Depuis 1987, elle participe à la réalisation de décors de théâtre, étudie les techniques de reliures aux Arts décoratifs de Paris, crée des reliures dans son atelier personnel, expose un peu partout, et même dans le logis de sa jeunesse, le prieuré de Mayanne.

Elle réitère cette expérience, cet été, en exposant des peintures à la Grange-Dîmeresse, ouverte pour la première fois au public. Des toiles grandes et colorées, souvent de bleu, qui ouvrent la porte à l’imagination. Les murs anciens mettent en valeur ces peintures vives, font ressortir les vagues, les ailes des oiseaux, les étendues immenses.

Ouest-France – 10 Août 2008


Comprendre ? Eh, quoi, le plaisir d’abord !

Cinq pinceaux dans une main, un seul dans l’autre, ce n’est plus de la peinture c’est un ballet. Justement, Eva Klötgen commence par la musique. Elle écoute, s’éprend et ne demande rien d’autre à sa palette que de lui fournir les notes dont elle isole les croches et compose les arpèges : il n’est pas question que ce soit immédiatement lisible, il est suffisant que ce soit séduisant. Une musique, une peinture comme sa respiration ample et calme, nécessaire à la vie, suffisante au plaisir d’exister. « C’est presque une danse » définit-elle. Que cependant pour comprendre, l’amateur devra « s’asseoir devant ». Mais peindre, n’est-ce pas impudique de donner à l’autre le soin de lire, voire d’imaginer au-delà ? « Il n’y a pas de sens à peindre pour soi. C’est un geste qu’il faut partager ». Mais aussi partager l’esprit du lieu. Si aujourd’hui elle expose (s’expose), Eva Klötgen a tout de même passé sa jeunesse dans la maison. On ne sort pas indemne de sa propre enfance à quelque âge, de quelque manière qu’on y revient. Peindre c’est une manière de réaliser une vie, sauf qu’on y abandonne deux dimensions. C’est pour cela qu’on y attribue si naturellement une quatrième dimension, celle de la transcendance…

Jacques Guichard


Eva Klötgen madone sans maldonne du Prieuré de Mayanne – Aout 2004

Eva Klötgen expose au Prieuré de Mayanne. Il suffit de se laisser séduire. S’il manque quelque chose, cela devrait venir naturellement après. « J’ai longtemps habité sous de vastes portiques/Que les soleils marins teignaient de mille feux/Et que leurs grands piliers droits et majestueux/Rendaient le soir pareils aux roches basaltiques… ». Le premier quatrain de La vie intérieure de Baudelaire. Pourquoi là ? Parce qu’il renvoie avec évidence à l’incipit d’Eva Klötgen qui présente son exposition : « C’est l’expression d’une vie intérieure ». Quand le titre de l’expo « Tableaux d’une exposition » fait plutôt référence à Moussorgski. Lectures croisées en matière de légitimisation du titre d’un tableau : Il existe un pont pour traverser le monde sans souci. Le Prieuré de Mayanne (XIIe-XVe siècles) pour superbe et austère qu’il soit, rigueur minérale de l’architecture, filtre (philtre) de la lumière, qui n’y pénètre qu’avec l’assentiment des moines bâtisseurs, devient pyxide de l’œuvre d’Eva Klötgen qui a contrario (encore que seulement formellement) « arc-en-cielise » d’élégantes couleurs si soutenues que le visiteur peut s’exclamer quant à la provocation qui consiste à poser un vitrail contre un mur aveugle… C’est une exposition de peinture! Eva Klötgen utilise le chromatisme de l’arc-en-ciel en manière de cimaises.